Une étude prévoit des impacts dus aux changements climatiques sur les oiseaux d’eau d’Afrique-Eurasie

Bonn, 30 avril 2021 – Une nouvelle étude menée par une équipe internationale d’experts suggère que les oiseaux d’eau migrateurs empruntant les voies de migration d’Afrique-Eurasie sont particulièrement exposés aux effets des changements climatiques en Afrique et dans leurs zones de reproduction en Extrême-Arctique. 

Le document de recherche, publié dans le journal Bird Conservation International (BCI), se base sur une modélisation des conditions climatiques et hydrologiques dans les scénarios climatiques actuels et futurs (en 2050) et compare l’impact du changement climatique sur la répartition de 197 des 255 espèces d’oiseaux d’eau répertoriées dans l’Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie (AEWA).

« Les résultats présentés dans cette étude ont des implications significatives sur les politiques relatives à la conservation des oiseaux d’eau migrateurs à l’échelle des voies de migration, face au changement climatique, » déclare Jacques Trouvilliez, Secrétaire exécutif de l’AEWA.

L’étude est le résultat de recherches débutées il y a cinq ans, menées dans le cadre du Projet de voies de migration résilientes au changement climatique, coordonné par Wetlands International et soutenu par l’AEWA. Elle a pu se faire grâce au financement de l’International Climate Initiative (ICI) d’Allemagne. Il s’agit de la première évaluation couvrant toute une voie de migration qui s’étend sur 120 pays.

Une des prédictions de l’étude est que les espèces d’oiseaux d’eau afrotropicales seront plus exposées aux impacts du changement climatique que la plupart des espèces de la zone tempérée paléarctique.« Les espèces se reproduisant en Afrique australe et Afrique de l’Est, telles que l’érismature maccoa et le râle à miroir, déjà menacés à l’échelle mondiale, sont particulièrement exposées, mais certaines espèces encore communes, telles que le canard du Cap et la foulque à crête, devraient subir une perte nette de leur aire de répartition de plus de 30 %. Les espèces afrotropicales semblent plus sensibles aux variations des précipitations que celles de la région paléarctique, » déclare Frank Breiner, qui a développé les modèles de répartition des espèces pour l’étude.
Canard du Cap © Derek Keats

En outre, les recherches indiquent que les espèces d’oiseaux d’eau se reproduisant dans des pays ayant moins de capacités financières et techniques seront plus exposées au changement climatique que celles des pays riches. Elles suggèrent également que, dans les pays où les oiseaux d’eau sont le plus exposés au changement climatique, la population humaine devra de son côté faire face à des défis d’adaptation face à ces changements.

« Il est essentiel que les instruments de financement pour l’adaptation au changement climatique utilisent une approche plus intégrée par rapport à la sécurité alimentaire et la sécurité de l’eau, la réduction des risques de catastrophe et la conservation de la biodiversité, en ciblant des solutions naturelles, bénéfiques à la fois pour les humains et la biodiversité, » affirme Szabolcs Nagy, auteur principal de l’étude.

La recherche suggère que les mesures d’adaptation au changement climatique, telles que le contrôle des drainages dans l’agriculture et la sylviculture ou la restauration des zones humides asséchées, seront nécessaires à grande échelle, au-delà des sites critiques pour les oiseaux d’eau et des zones protégées.

« La recherche menée non seulement renforce les connaissances sur la vulnérabilité des espèces et de leurs habitats face au changement climatique à l’échelle des voies de migration, mais elle nous permet également de mieux comprendre où nous devons concentrer les activités d’adaptation liées au climat pour les espèces répertoriées à l’AEWA. Cela confirme une nouvelle fois l’urgence d’investir davantage dans la conservation des habitats dans l’environnement au sens large, en plus de la conservation des zones protégées et gérées, afin d’aider les oiseaux d’eau migrateurs à s’adapter aux impacts du changement climatique, » déclare Dr. Trouvilliez.

L’étude a été menée par une équipe de Wetlands International, BirdLife International, le British Trust for Ornithology (BTO), et les Universités de McGill (Canada), Wisconsin-Madison (États-Unis), Kassel (Allemagne), de l’État de Moscou (Russie) et de Lausanne (Suisse).

 

Infographics

Prévision de l’évolution de la durée des inondations d’ici 2050

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Dernière mise à jour le 20 Mai 2021

Type: 
News item
Threats: 
Climate Change
Species: 
Anas capensis
Fulica cristata
Oxyura leucocephala
Sarothrura ayresi
Species group: 
Birds