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30 ans de l'AEWA - Déclaration de M. Alexandre Czajkowski, Directeur des Oiseaux Migrateurs du Paléarctique Occidental (OMPO)

Les 30 ans de l’AEWA

30 ans, l’âge de raison, de la clarté, du pragmatisme, l’âge à partir duquel de l’œuvre surgit l’avenir.

Alors que l’AEWA atteint ce cap, depuis son adoption en juin 1995, à La Haye, Pays-Bas, OMPO (Oiseaux Migrateurs du Paléarctique Occidental), l’un des artisans de sa conception, réaffirme son vœu de le voir appliqué, un jour, par chacun des 119 Etats de l’aire de répartition des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie.

OMPO que son identité place à la croisée d’une connaissance scientifique rigoureuse des oiseaux migrateurs mise à la portée de tous et du souci de la pérennité de leur exploitation durable à l’échelle, non pas, d’un pays ou d’une région géographique mais bien du territoire global (incluant zone de reproduction, voies migratoires et zone d’hivernage) de ces oiseaux, reconnaît en l’AEWA, l’instrument international le plus pertinent pour faire de la gestion des oiseaux d’eau migrateurs l’outil le plus sûr de leur conservation.

L’AEWA a une responsabilité majeure, tant vis-à-vis des populations d’oiseaux qu’il a mission de conserver au bénéfice de l’humanité que vis-à-vis des populations qui les exploitent depuis toujours, selon des us et coutumes spécifiques, en phase avec les cycles et l’évolution de la nature. On sait à quel point, la ressource renouvelable que constituent ces oiseaux a d’importance, d’abord pour nombre de communautés locales (en Sibérie, dans le bassin du Nil, en Afrique sahélienne, etc.) qui en ont besoin pour leur survie matérielle et / ou spirituelle, mais aussi pour l’homme moderne qui, dans leurs manifestations saisonnières, retrouve le lien primitif avec la nature, la source de ses traditions, la chair de son imaginaire.

En soutien de l’AEWA, OMPO a développé ses programmes sur des territoires conséquents de l’Accord, en particulier dans les zones blanches mal connues ou sous-estimées par la science, d’Europe orientale, de Russie, d’Afrique de l’Ouest, des zones pourtant cruciales pour la reproduction et l’hivernage de contingents majeurs des populations de nombreuses espèces d’oiseaux d’eau migrateurs. Il s’est pour cela appuyé sur des scientifiques incontestés de ces pays et leurs instances de tutelle, l’objectif étant d’apporter des informations renouvelées aux autorités des pays de l’Accord, tout en sensibilisant les consommateurs (pas seulement les chasseurs) de la biodiversité, investis dans une exploitation durable et équitable, respectueuse des ressources de la nature.

OMPO n’a jamais manqué de promouvoir l’AEWA auprès des autorités des Etats afro-eurasiens qui sont ses partenaires à long terme. C’est ainsi, qu’avec l’assistance d’OMPO, le Maroc a ratifié l’Accord en 2012, que la Biélorussie l’a fait en 2016, que des pays africains tels que le Sénégal ont une part prépondérante dans les réalisations du programme RESSOURCE – RESSOURCE+ déployé depuis 2017 dans plusieurs Etats d’Afrique sahélienne et en Egypte avec d’autres partenaires institutionnels, sous l’égide de la FAO, initiative soutenue financièrement par le FFEM et l’UE pour la gestion durable des oiseaux d’eau migrateurs et des zones humides et la sécurisation alimentaire des communautés africaines.

Cette démarche s’inscrit pleinement dans l’esprit et les principes d’OMPO au profit des acteurs soucieux du maintien de la biodiversité qui pourraient trouver en la gestion adaptative, un concept « démilitantisé » basé sur la science et le dialogue permanent entre interlocuteurs et savoirs, le moyen de gérer sans dogmatisme et de manière consensuelle les espèces et leurs habitats susceptibles d’être exploités durablement par une société responsable et tolérante.

L’ADN d’OMPO est celui aussi de l’AEWA. Gageons qu’avant 30 nouvelles années, les 119 Etats de l’aire de répartition des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie aient ratifié et mis en application l’Accord.

 

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