Plein feu sur les Lignes directrices de conservation d’AEWA n° 13 – Directives pour le transfert d’oiseaux d’eau à des fins de conservation : complément aux directives de l’UICN

Bonn, 2 avril 2019 - Le Plan d’action de l’AEWA exige que le Secrétariat et le Comité technique (CT) développent une série de lignes directrices de conservation afin d’aider les Parties à mettre en œuvre l’Accord. Dans cette série, des directives sur le transfert d’espèces à des fins de conservation ont été conçues sur la base des principales conclusions de l’Étude internationale de l’AEWA sur le rétablissement des oiseaux d’eau (2008), afin de compléter celles préparées par l’UICN.

Mandaté par la Résolution 4.4 de la MOP de l’AEWA, le CT a chargé le Wildfowl and Wetlands Trust de développer ces lignes directrices supplémentaires en 2011. Les Directives pour le transfert d’oiseaux d’eau à des fins de conservation : complément aux directives de l’UICN ont été approuvées par la 7ème réunion du Comité permanent de l’AEWA en avril 2012, ainsi que par la 5ème session de la Réunion des Parties (mai 2012, La Rochelle, France).
 
Le transfert d’espèces est de plus en plus envisagé en tant qu’outil de conservation depuis les 20 dernières années, entraînant une augmentation de ces projets dans le monde entier, avec pour objectif de rétablir des populations sauvages éteintes ou fortement appauvries (UICN, 1998). Les directives de l’AEWA ont été conçues afin de fixer des principes pour le transfert des oiseaux d’eau à des fins de conservation, complétant les recommandations générales données dans Lignes directrices de l'UICN relatives aux réintroductions (IUCN, 1998). Elles incluent également des informations sur la manière de déterminer les objectifs d’un transfert d’espèce, d’évaluer la justification de ces actions et leur faisabilité, le processus de planification, la mise en œuvre du projet, l’évaluation de la réussite et le compte-rendu des résultats.
 
En raison de tous les problèmes rencontrés (difficultés à établir des populations autonomes, tentatives ratées de remise en liberté, coûts élevés, etc.), les projets de transfert d’espèces ne devraient être menées que dans le cadre de grandes initiatives de conservation et en gardant à l’esprit que ce genre de projet va sûrement durer longtemps et coûter cher. Si ce projet ne fait pas partie d’un grand programme de conservation, il est très peu probable qu’il y ait un quelconque résultat positif sur le long terme pour l’espèce visée.
 
Avant les phases de planification et de mise en œuvre, il est essential de mener une évaluation afin de déterminer si le projet est nécessaire et approprié. Les résultats de cette évaluation doivent être approuvés par les parties prenantes et autorités pertinentes aux niveaux adéquats.  Si un projet est considéré comme étant justifié, une étude de faisabilité exhaustive doit être menée afin de déterminer si le projet a des chances de succès raisonnables basées sur les connaissances, compétences, comportements et ressources disponibles. 
 
Un projet de transfert d’espèce n’est pas terminé une fois que les oiseaux sont relâchés : plusieurs activités a posteriori sont nécessaires, dont des interventions si nécessaires, le suivi, l’évaluation des résultats et de la réussite et le compte-rendu. 
 
Les enseignements tirés de chaque étape et activité d’un projet de transfert d’espèce doivent être soigneusement évalués et utilisés afin de développer et améliorer les plans et techniques futurs. Ils doivent également être partagés aussi largement que possible afin que les prochains transferts de l’espèce en question et d’espèces liées disposent de toutes les informations disponibles, ainsi que pour informer la communauté de la conservation dans son ensemble.
 
Les directives, publiées en tant que Série technique de l’AEWA n° 49, ont été conçues par le Wildfowl & Wetlands Trust (WWT) et financées par l’Office fédéral de l’environnement (FOEN) de la Confédération suisse.
 

 

Last updated on 08 April 2019