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Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi tout d'abord d'exprimer l'appréciation
du PNUE pour le pays hôte d’avoir organisé
cet événement au bon moment, pour le Secrétaire
général d’avoir mis la santé
mondiale à l’ordre du jour international, probablement
reflété au mieux par son initiative personnelle
en vue de mettre en place le Fonds mondial de lutte contre
le SIDA, la tuberculose et le paludisme, de même que
pour le représentant de l’Union européenne
d’avoir réfléchi sur la dimension environnementale
de la grippe aviaire et sur la capacité de contrôler
une maladie en identifiant ses causes fondamentales.
Le défi posé à la santé humaine
par l’émergence de la grippe aviaire reflète
clairement les changements s’opérant en matière
d’environnement tels que par exemple l’intensification
de l’élevage de volailles avec toutes ses conséquences.
Nous savons que les oiseaux migrateurs peuvent être
un vecteur de la grippe aviaire, mais ils ne sont ni sa
cause, ni semblent–ils en être le seul ou principal
vecteur.
Les mouvements de volailles ou d'oiseaux sauvages capturés
ou reproduits en captivité induits par l’homme
ou encore les mouvements des personnes semblent constituer
une menace équivalente ou même plus importante.
Les marchés d’animaux vivants facilitant des
millions d’infections croisées potentielles
représentent également une menace importante,
mais jusque récemment moins reconnue.
Nous savons aussi que la grippe aviaire n’est pas
la seule maladie s’inscrivant dans un contexte de
santé environnementale – un nombre alarmant
de nouvelles maladies similaires transmises par des vecteurs
ont fait leur apparition ces dernières années
– la fièvre de Lassa, le SRAS, le virus Ebola,
le virus de Marbourg et l’influenza aviaire.
Un des points communs de ces maladies est qu’elles
évoluent lorsqu'il y a une forte interaction entre
les êtres humains et l’environnement naturel.
L’évolution du SRAS a mis en évidence
la rapidité avec laquelle une nouvelle maladie peut
se propager à partir d’un village dans un coin
du monde à plusieurs douzaines d’autres nations.
C’est pourquoi nous devons relever le défi
que pose la grippe aviaire à la santé mondiale.
Appartenant à la communauté environnementale,
que pouvons-nous faire pour compléter la réponse
en matière de médecine humaine et de recherche?
Le PNUE ne dispose pas de fonds abondants, mais d’une
grande expertise en matière d’environnement.
Nous sommes prêts à apporter cette expertise
aux efforts déployés jusqu'à maintenant
notamment dans le domaine de la santé humaine et
animale. Ceci inclut les connaissances disponibles grâce
aux conventions multilatérales telles que la CDB,
la CITES et la CMS ainsi qu’aux réseaux de
scientifiques et d’ONG compétentes qui sont
leurs partenaires.
Des fonds en provenance des agences plus importantes et
des Etats donateurs sont nécessaires afin d’utiliser
cette expertise pour répondre à plusieurs
questions clés:
- Comment évolue le virus de la grippe aviaire dans
les oiseaux sauvages qui le contractent et combien de temps
peut-il survivre dans les habitats aquatiques servant d’aires
de reproduction, de repos et de non reproduction (hivernage)
aux oiseaux?
- Comment le virus se transmet-il réellement entre
les oiseaux domestiques et sauvages ?
- Quels sont les routes migratoires et sites spécifiques
que nous pouvons déterminer constituant la plus grande
menace pour les oiseaux migrateurs, mais aussi causée
par ceux-ci, y compris les espèces mondialement menacées?
- En répondant à ces questions ainsi qu’à
d’autres, nous devrions être en mesure de compléter
le développement d’un système de surveillance
mondial ou d’« alerte précoce ».
- Ce système surveillerait l’occurrence de
la grippe aviaire parmi les oiseaux d’eau le long
de leurs itinéraires de migration et identifierait
des ‘hot spots’ à risque élevé
potentiels pour lesquels une infection croisée entre
les oiseaux sauvages et domestiques serait probable, permettant
de prendre des mesures de précaution telles que des
normes d’hygiène améliorées et
la séparation des oiseaux domestiques.
Le siège du PNUE et le Secrétariat de la Convention
sur les espèces migratrices basée sur le PNUE
ont déjà lancé des travaux en vue de
créer un tel système, bénéficiant
de la Task Force scientifique mise en place par la CMS et
plusieurs autres organes intergouvernementaux et d’ONG
en 2005.
L’éducation et l’information sont également
essentielles pour lutter contre la grippe aviaire fournissant
les derniers résultats des analyses scientifiques
aux autorités gouvernementales et aux communautés
affectées et garantissant que des parades non pertinentes
ou contre-productives, telles que les tentatives d’éliminer
de larges groupes d’oiseaux migrateurs ou de détruire
leurs habitats de zones humides, ne seront pas prises en
guise de solutions réelles qui, comme nous le savons
déjà, doivent s’appuyer sur des normes
d’hygiène améliorées pour les
marchés d’animaux et dans les exploitations
agricoles de toute taille, sur un passage à des formes
moins intensives d’élevage de volailles et
sur la mise au point de vaccins humains et animaux.
Les Gouvernements doivent promouvoir la sensibilisation,
faisant partie d’un ensemble plus large de mesures
pour le renforcement des capacités, et dans de nombreux
cas, ils auront besoin d’aides financières
pour ce faire.
Je loue la FAO et l’OMS pour l’initiative qu’elles
prennent dans ces domaines. En matière de conservation
et d’environnement, je vous recommande également
les travaux menés par la Task Force scientifique
sur la grippe aviaire sous l’égide de la CMS
qui a déjà aidé à détruire
certains mythes sur la propagation du virus H5N1. J'aimerais
aujourd’hui, au nom de la CMS et de la Task Force,
promettre leur soutien aux initiatives convenues lors de
la réunion, initiatives pouvant bénéficier
de l’expertise et des conseils des membres de la Task
Force.
En outre, je remercie les représentants des Gouvernements
à la récente Conférence des Parties
de trois conférences en octobre-novembre 2005 –
PNUE/CMS, la Convention de Ramsar sur les zones humides
et l’Accord sur la Conservation des oiseaux d’eau
migrateurs d’Afrique-Eurasie (AEWA), qui ont adopté
des résolutions décisives sur la grippe aviaire
devant maintenant être financées et mises en
œuvre.
Je conclus en vous disant que le vrai danger est l’indifférence.
En fait, nous sommes aujourd’hui en meilleure position
que jamais pour consolider nos acquis précédents
et pour assurer la santé, la prospérité
et un meilleur environnement à notre monde.
Maintenant, il est indispensable d’aider les pays
en voie de développement à acquérir
la capacité suffisante pour mettre en œuvre
ces mesures essentielles.
Mesdames et Messieurs,
Notre rencontre entre experts venant de différents
horizons promeut le rapprochement. Ce rapprochement - en
anglais « consilience » - signifie littéralement
le rassemblement du savoir issu de diverses disciplines.
Nous avons pour tâche de mieux harmoniser ces relations
- l’environnement se trouvant au cœur de ce challenge.
Ce sont la nouvelle interdépendance et la nouvelle
dynamique mondiale qui ont fait de l’environnement
la caractéristique déterminante de la société
mondiale du 21ème siècle.
Je vous remercie de votre attention !
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